Rassemblement d'Amnesty contre l'exportation de matériel de torture depuis l'Europe

"Il s'agit notamment de poucettes (chaînette avec lesquelles sont attachés les pouces de certains prisonniers) ou de produits, fabriqués en Europe, servant, aux Etats-Unis, aux exécutions capitales par injection létale", a expliqué Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. Les militants rassemblés samedi ont par ailleurs tenu à dénoncer l'attitude de dirigeants qui tentent, en la redéfinissant, de légitimer la torture, interdite par une convention des Nations-Unies datant de 1984. "Ainsi, la simulation de noyade, notamment utilisée à Guantanamo, n'est pas considérée comme de la torture par les Etats-Unis", a souligné Philippe Hensmans. "Il y a aussi l'outsourcing pratiqué par certains pays qui envoient leurs détenus se faire torturer dans des pays comme l'Egypte ou le Maroc", a-t-il ajouté. Durant les prochaines semaines, Amnesty International valorisera ses "actions urgentes" lors desquelles les militants écrivent, dès l'enfermement d'un prisonnier d'opinion, aux dirigeants d'un pays dans lequel il risque d'être victime d'actes de torture. "Ce type d'action, nous en réalisons trois ou quatre par jour, permet à ces prisonniers d'éviter la torture dans environs 30% des cas", a indiqué Philippe Hensmans. En Belgique, Amnesty International plaide, aux côtés de la Ligue des droits de l'Homme, en faveur de la création d'une institution nationale chargée de veiller au respect de la Convention de l'ONU. Certaines mesures d'isolement prises dans les prisons belges peuvent être considérées comme des traitements inhumains ou dégradants au sens de la Convention, a fait valoir le directeur de l'ONG. Les militants étaient rassemblés samedi au Mont des Arts à Bruxelles où était organisée une exposition de panneaux.















































